Je poste, sans vraie idée, parce que ça fait un moment que je ne me suis pas laissé aller à écrire. Longtemps, sans tripoter mon clavier pour autre chose que quelques forums, divers sites de jeu vidéo/sur Star Wars, et quelques jeux sur le fixe. J’ai réinstallé Diablo II, et ma sorcière roule encore de ses (jolies) fesses dans divers lieux de massacre, avec magie du froid; et en même temps, j’hésite à me relancer dans le remake de Resident Evil 1 sur Gamecube, sur le LCD du salon. (On ne m’ôtera pas de l’esprit que sur une belle grande télé, un jeu d’horreur est un peu moins fun, mais celle de mon antre à eu un léger problème de chute. Je garde de bons souvenirs de Resident Evil II et III sur un petit écran, dans le noir, par de longues après-midi d’été.)
On a vaguement fait du JdR, en plein milieu de l’été je suis encore en relecture des règles de Star Wars SAGA, des règles de combat spatial en particulier. Des batailles avec des jedi contre l’empire devraient avoir lieu dans la semaine à venir, et ça s’annonce bien parti. Si je me donne la peine de lancer le truc. Parce que deux choses me caractérisent en ce moment : mes cernes noires comme de l’encre et l’envie d’être seul, alors même que j’ai comme toujours une envie bouillonnante dans le sang de jouer. On verra, j’suis pas a ça prêt, un jeu est un jeu, il m’apaise quel qu’il soit. Et puis, je me gave aussi de podcasts de France Inter sur l’Ipod, au cœur de la nuit et de mes angoisses.
Ma mère s’est trouvé un nouveau mec. Plutôt sympa, grand et blond, incroyablement timide et motard. J’laime bien, il fait parfois les mêmes vannes que moi, et apprécie le cynisme dont je crache sans arrêt les relents tous les jours. Je n’ai plus que ça en tête, au point même qu’une amie de ma mère m’a sorti très gentiment “Des gens comme toi, je croyais que ça n’existait qu’à la télé“. Et le copain de ma chère maman d’approuver. Bah, je prends ça pour un compliment, comme quand on me dit que je ressemble à mon grand père et à mes oncles. Il faut bien avoir des modèles masculins quand même, quand on a grandi sans, et qu’une drôle de petite boule d’agressivité vous prend au cœur à chaque instant. Je deviens plus négatif, plus mordant, et j’adore ça. Au grand dam de ma pauvre famille, et au grand rire des gens qui me croisent parfois, quand on fait quelques courses, qu’on se balade, ou que j’accomplis les quelques interactions sociales nécessaires à tout être humain pour ne pas un jour sortir une mitraillette, et faire un carnage au hasard dans les rues, boutiques, et supermarchés. Oui, je comprends les mecs qui pètent les plombs, lâchent leur agressivité et fauchent des vies avant de se faire faucher. Toujours sans approuver, je méprise le meurtre, le vol, l’échangisme et ce genre de trucs.
Un vrai chrétien. J’me ferais presque vomir de honte.
Dans ma chambre qui est mon antre, j’ai quelques objets inutiles maintenant. Mon épée de Tai-Chi un peu trop abîmée et qui ne supporterait plus un seul choc à vraie vitesse, un shinai qui ne verra sans doute aucun cours de kendo (pas les moyens, my dear), une dague qui me sert à ouvrir colis et lettres personnels. Deux rayonnages entiers de livres serrés les uns contre les autres, sur au moins trois mètres de longueur. Et plusieurs ayant appartenu à celles avec qui j’ai pu sortir, parfois plus, parfois moins. Mais toujours aimées.
En évidence, “Le théâtre à travers les âges“, qui m’avait en fait été prêté par Marion, en première. Je me rappelle son histoire. Notre prof de théâtre au lycée (on était tous les deux dans la même classe de théâtre facultatif) avait évoqué ce bouquin, et avait demandé à ceux qui l’avaient de le prêter (ceux qui faisaient théâtre fac en seconde avaient dû l’acheter), en priorité à ceux qui comment moi avaient cette spécialité au bac (apanage des littéraires) et étant tous les deux amoureux comme deux cons d’inséparables, elle me l’avait prêté avec un grand sourire, son nom et prénom calligraphié au crayon de bois sur la page de garde. On s’est ensuite engueulés, quittés, ré-aimés et ré-embrassés plusieurs fois avant de ne plus se parler.
Et qu’elle me fasse super mal, en tout égoïsme et en toute jalousie. Parce que je suis extrêmement jaloux, une immense et opulente boule de jalousie ambulante.
Je n’ai jamais pensé à lui rendre, et j’avoue même l’avoir oublié un moment, avant de l’avoir retrouvé en étant rentré. Comme beaucoup de ces “reliques”, je ne peux pas l’ouvrir, parce que la vague de souvenirs m’attaque à la gorge et me pique trop les yeux. Les livres de celles que j’ai aimé, ils sont verrouillés et invendables pour moi. Et personne n’a le droit d’y toucher, ou même de connaître la totalité de leur histoire, de ce que je ressens quand je les ouvre. Une sorte de mélange entre bons souvenirs, baisers au souffle court contre un muret, par une journée d’automne avec l’odeur de feuilles pourrissantes pour Marion par exemple. Avec au ventre l’excitation d’être sorti alors que les règles l’interdisent, histoire qu’elle fume sa clope qui lui donnait un goût et une odeur irrésistible, que je me rappelle parfois les yeux noirs et les frissons partout. Et les souvenirs de la rupture à suivre, l’alcool pour oublier, les potes qui riaient de mon cynisme de façade (avec raison, je le faisais aussi), et leurs gentils mots pour oublier. De beaux souvenirs quand j’y pense avec un peu plus de recul. (Et toujours un pincement au coeur.) Des baisers goût tabac-mentholé.
Le roman que m’a offert Lena/Belette est aussi dans le coin. Pas sur la même étagère, mais dans le coin avec les livres orientaux. Entre le premier tome de Mirai Nikki (que je conseille au passage, chouette Shônen, magnifiquement traduit et pas trop cher) et mon édition de Nekomajin par maître Akira Toriyama. Je n’ai pas pu l’ouvrir et lire plus de deux pages sans quasiment m’effondrer. J’aurai essayé.
Qu’est devenue Marion ? Elle à eu son bac STG, fait je ne sais quoi dans la compta ou la gestion, et s’est fiancée il y a quelques mois avec son chéri, qui est un type que je connaissais avant elle, que j’ai aidé à la draguer, et que j’ai vu sourire quand elle avait accepté de sortir avec lui. Quand j’étais en terminale, et sans qu’elle le sache vraiment. Un an presque jour pour jour après notre rupture, ils sont sortis ensemble, et j’en suis toujours heureux pour elle, ils font sincèrement un couple plus assorti qu’elle et moi, et se regardent très joliment.
Mais je suis jaloux. Les chose s’arrangent, mais ça ne va pas mieux.
2 commentaires
“Les choses s’arrangent, mais ça ne va pas mieux”. Belle phrase s’il en est. Belle illustration du désaccord entre amélioration objective de la vie quotidienne et désarroi intérieur du Scorpion ennemi du bonheur que tu es. Tu sais quoi ? Si t’étais en seconde, je te conseillerais de faire des études littéraires…
Ouais, et j’aurais de mégabonnasses dans ma classe que je mépriserais en silence.
Et encore trop d’heures de maths par semaine. (Oui, deux c’est trop.)